Faire sa thèse à l’heure de l’Intelligence artificielle
Séminaire pluridisciplinaire organisé dans le cadre de l'École Doctorale Cultures et Sociétés. Les « Enquêtes » sont coordonnées par Sébastien-Akira Alix (LIRTES), Nathalie Gorochov et Marie-Karine Schaub (CRHEC) et Jens Schneider (ACP).
Faire sa thèse à l’heure de l’Intelligence Artificielle
L’irruption de l’Intelligence Artificielle (IA) dans les pratiques de recherche en sciences humaines et sociales, constitue aujourd’hui une transformation majeure des manières de produire, traiter, analyser et transmettre les savoirs. Qu’il s’agisse de l’exploitation de vastes corpus documentaires, de la reconnaissance et de la transcription de sources, de l’analyse de données, de la recherche bibliographique, de la traduction ou encore de la rédaction et de la reformulation de textes, les outils fondés sur l’IA sont désormais susceptibles d’intervenir à différentes étapes du travail du doctorant.
Cette évolution soulève de nombreuses questions. Que peut-on réellement attendre de ces outils ? Quels usages peuvent être pertinents dans le cadre d’une thèse ? Dans quelle mesure permettent-ils de renouveler les méthodes d’enquête et d’analyse ? À l’inverse, quels biais, quelles erreurs ou quelles formes de dépendance peuvent-ils introduire dans la construction des savoirs ? Comment préserver la maîtrise intellectuelle de sa recherche, la traçabilité des méthodes employées et les exigences propres à la démarche scientifique ?
Pour l’année 2026-2027, le séminaire « Enquêtes », co-organisé par les laboratoires ACP, CRHEC et LIRTES, sera consacré à ces transformations et aux enjeux qu’elles représentent pour les chercheuses et les chercheurs en sciences humaines et sociales. Deux journées organisées les 1er et 2 avril 2027 aux Archives nationales et à l’UPEC permettront d’examiner les usages de l’IA en s’intéressant aussi bien aux possibilités offertes par les nouveaux outils qu’aux transformations qu’ils peuvent entraîner. Elles permettront de faire réfléchir à la place de ces nouvelles technologies dans la démarche scientifique ainsi qu’aux biais et aux pièges liés à leur utilisation. La question de l’IA générative sera également abordée puisqu’elle transforme déjà les pratiques d’écriture, de recherche documentaire et de production de contenus. On s’interrogera donc sur les règles et les pratiques à adopter pour que ces usages restent compatibles avec les méthodes propres aux sciences humaines et sociales. Ces réflexions seront nourries par les interventions de spécialistes qui proposeront un état des lieux des recherches et des pratiques actuelles, mais également par les témoignages de doctorantes et de doctorants invités à partager leurs propres expériences. L’objectif est moins de savoir s’il faut « utiliser ou ne pas utiliser » l’IA que de réfléchir collectivement à comment l’utiliser, pourquoi, dans quelles limites et avec quelles précautions.